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92. Manouche se morfond puis reprend espoir. 17/12/2017

92. Manouche se morfond puis reprend espoir.
Manouche : Mais que fait donc ma petite s½ur en ce moment ? Elle m'a laissée toute seule avec cette énorme Machine. Je sais qu'elle ne reviendra plus jamais et je ne me sens plus de taille à continuer.
Zélie la Machine : C'est toi qui te morfonds ainsi ? Toi, si courageuse jadis ?
Manouche : Mais qui a parlé ? C'est toi, Nounouche ?
Zélie la Machine : Non, ce n'est pas Nounouche. C'est moi, Zélie la Machine.
Manouche : Tu... tu parles ?
Zélie la Machine : Depuis le temps que tu t'occupes de moi, tu devrais le savoir.
Manouche : C'est que... je ne t'entends jamais.
Zélie la Machine : Tu ne m'entends jamais avec tout le tintamarre que je fais ?
Manouche : Je veux dire, c'est la première fois que j'entends ta voix.
Zélie la Machine : Et pourtant, j'en ai une mais je ne m'en sers que dans les cas désespérés.
Manouche : J'espère que tu ne vas pas tomber en panne. J'ai besoin de tout sauf de ça...
Zélie la Machine : Si tu me laisses tomber, c'est sûr que je vais tomber en panne.
Manouche : J'ai plus de goût à rien, j'ai perdu ma s½ur.
Zélie la Machine : Qui te dit qu'elle est perdue ?
Manouche : On ne revient jamais du Sanatorium de Pandémonium.
Zélie la Machine : C'est toi qui le dis !
Manouche : Personne ne revient de l'autre côté du miroir, jamais personne...
Zélie la Machine : Et si je te disais qu'il y avait un moyen ?
Manouche : Je ne te croirais pas.
Zélie la Machine : Tu as tort.
Manouche : Si je rejoins ma s½ur, je dois te laisser tomber car moi non plus je ne reviendrais pas et je refuse de quitter mon poste.
Zélie la Machine : C'est tout à ton honneur de ne pas m'abandonner mais cela ne t'empêchera pas de retrouver ta s½ur et ton amie Annabelle.
Manouche : J'avoue que je ne comprends pas.
Zélie la Machine : L'autre côté du miroir, c'est l'au-delà et comment rejoint-on l'au-delà ?
Manouche : En mourant ?
Zélie la Machine : L'au-delà se trouve à des années lumières d'ici, aux confins des plus lointaines galaxies.
Manouche : Je suis bien aise de le savoir mais ça ne m'aide pas. Comment pourrais-je m'y rendre sinon en me tuant ?
Zélie la Machine : À moins de construire un vaisseau spatial.
Manouche : Excellente idée, vraiment ! L'homme n'a jamais été plus loin que la lune et moi j'irais rejoindre la galaxie avec un vaisseau spatial que j'aurais inventé, peut-être ?
Zélie la Machine : Et si moi-même je devenais ce vaisseau spatial ?
Manouche : Ne dis pas de bêtise !
Zélie la Machine : Je suis très sérieuse. Je peux me transformer en vaisseau spatial mais j'aurai besoin de ton aide.
Manouche : Qu'est-ce que je devrai faire ?
Zélie la Machine : Je te donnerai mes instructions et tu n'auras qu'à les suivre pour me transformer petit à petit en vaisseau spatial.
Manouche : Mais ça risque d'être long et très compliqué pour moi.
Zélie la Machine : Nous procèderons par étapes et du temps, nous en aurons à revendre. Alors, tu es partante ?
Manouche : Bien sûr que je suis partante si ça peut m'aider à rejoindre ma pauvre s½ur.
Zélie la Machine : Dans ce cas, topons-la !
Manouche : Topons-la !
Et Manouche caresse de la main le bloc-moteur le plus proche pour marquer son accord.
92. Manouche se morfond puis reprend espoir.

91. Discussions oiseuses… 16/12/2017

91. Discussions oiseuses…
Nounouche se retourne et se trouve à nouveau nez à nez avec les jumelles. Malgré son sang-froid, elle ne peut s'empêcher de pousser un cri de frayeur.
France : Désolées de t'avoir fait peur.
Séverine : Car telle n'était pas notre intention.
Nounouche : Je n'ai pas l'impression que vous soyez si désolées que ça de m'avoir fait peur et je dirais même que c'était là votre but.
France : Oh, que de vilaines pensées !
Séverine : Nous n'avons que de bonnes intentions à ton égard.
Nounouche : Je vous trouve pourtant beaucoup trop polies pour être honnêtes.
France : On n'est jamais trop poli avec les gens.
Séverine : Nous sommes polies ET honnêtes.
Nounouche : Grand bien vous fasse ! Et maintenant, laissez-moi, j'ai des choses plus urgentes à faire qu'à discuter sur votre honnêteté.
France : Tu cherches toujours ton amie ?
Nounouche : Exactement mais vu votre âge mental, je ne pense pas que vous pourrez m'aider.
Séverine : Tu n'es vraiment pas polie, dis donc !
Nounouche : Très bien ! Je suis impolie, grossière et tout ce que vous voulez. Dans ce cas, lâchez-moi la grappe et cherchez-vous une compagnie plus civilisée que la mienne.
France : Ne te fâche pas, nous allons t'aider.
Séverine : Mais d'abord, comment t'appelles-tu ?
Nounouche : Anouchka mais tout le monde m'appelle Nounouche.
Les deux jumelles repartent pour un nouveau concert de gloussements incontrôlés.
Nounouche : Ça m'aurait étonné que vous ne commenciez pas à vous bidonner. Franchement, je vous jure, on dirait deux demeurées mentales.
France : C'est très grossier ce que tu viens de dire.
Séverine : Si tu avais été polie, tu nous aurais demandé notre nom au lieu de nous insulter.
Nounouche : Puisque je suis si grossière, pourquoi vous n'allez pas voir ailleurs si j'y suis ?
France : Je m'appelle France.
Séverine : Et moi, c'est Séverine.
Nounouche : Très bien ! Les présentations sont faites. Je peux me mettre à la recherche de mon amie maintenant ?
France : Comme te voilà pressée !
Séverine : Reste avec nous, nous allons t'aider à retrouver ton amie.
Nounouche : Jusqu'ici, vous n'avez pas montré beaucoup de bonne volonté.
France : À quoi ressemble ton amie ?
Nounouche : Je vous l'ai dit, elle a des bandages sur la tête, sur le torse et elle répond au nom d'Annabelle.
Séverine : Et elle ressemble à une momie ?
Nounouche : Oui, si on veut.
France : Dans ce cas, il te faut un égyptologue.
Séverine : Il n'y a pas mieux qu'un égyptologue pour retrouver une momie disparue.
Nounouche : Vous êtes les deux plus stupides créatures que la terre ait jamais portées. Que le diable vous emporte, je n'ai pas besoin de votre aide !
Et sans attendre la réaction des jumelles, Nounouche s'empare de la rampe pour monter les escaliers quatre à quatre.
91. Discussions oiseuses…

90. Une vieille salle d’attente… 15/12/2017

90. Une vieille salle d’attente…

Nounouche : Mais où suis-je encore tombée ? On dirait un ancien château des supplices. Et que fait ce banc public au milieu de la danse ? C'est aussi écrit « Station » sur la porte. On dirait une ancienne salle d'attente. Enfin peu importe, je suis débarrassée de ces deux petites pestes et de leur rire bête. N'empêche, elles me donnent froid dans le dos ces deux-là comme si... Comme si, rien du tout. Je suis en train de jouer à me faire peur et ça ne m'apportera rien de bon et surtout, ça ne m'aidera pas à retrouver Annabelle. Tant pis, je vais prendre cet escalier qui mène à l'étage.
Mais au moment où Mounouche met la main sur la rampe, elle entend à nouveau du bruit derrière elle. Elle se retourne et...
90. Une vieille salle d’attente…

89. La mort existe-t-elle ? 14/12/2017

89. La mort existe-t-elle ?
Annabelle s'est réfugiée pour bouder dans sa chambre mais les jumelles ont tôt de frapper à sa porte. Annabelle leur ouvre de fort méchante humeur.
Annabelle : Encore vous ?
France : Nous sommes venues nous excuser pour tout à l'heure.
Séverine : Nous n'avions pas compris que cette nouvelle vie était difficile pour toi et nous sommes franchement désolées.
Annabelle : C'est très bien. Et maintenant, vous pouvez me laisser ? Je voudrais bien me reposer.
France : Tu ne comptes pas nous faire entrer ?
Séverine : Tu auras tout le temps de te reposer par après.
Annabelle pousse un gros soupir à fendre l'âme et ouvre la porte toute grande pour laisser entrer les jumelles.
Annabelle : Vous n'êtes pas méchantes mais vous vous entendez à empoisonner la vie des gens.
France : Je te rassure tout de suite, Annabelle, car dans ce monde-ci, le poison ne te fera plus aucun effet.
Séverine : D'ailleurs, il nous arrive parfois de trinquer à l'arsenic ou au vitriol.
Des éclats de rire incontrôlés retentissent bientôt dans toute la chambre.
Annabelle : Et c'est reparti avec les gloussements, c'est à croire que vous êtes nées dans un poulailler.
Les gloussements repartent de plus belle. Annabelle fusille les jumelles du regard.
France : D'accord, Annabelle, on va se calmer.
Séverine : Tu peux nous poser toutes les questions qui te passent par la tête.
France : Nous nous ferons un plaisir d'y répondre.
Séverine : Si toutefois, nous en connaissons les réponses.
Annabelle : À quoi bon ? Vous tournez quand même tout en dérision.
France : Nous promettons désormais d'être sages.
Séverine : Ours polaire qui s'en dédit.
Annabelle : Je n'en ai qu'une de question : sommes-nous bien mortes ?
France : Te sens-tu morte, Annabelle ?
Séverine : As-tu cessé de bouger, de parler, de manger, de dormir ?
Annabelle : Ben non !
France : La mort existe-t-elle ?
Annabelle : Encore cette question débile ?
Séverine : Ce n'est pas pour nous moquer de toi que nous t'avons posé cette question, Annabelle.
Annabelle : De toute façon, je ne connais pas la réponse.
France : La mort n'existe pas, Annabelle.
Séverine : Nous passons simplement d'une étape à une autre.
France : Tu es en train de vivre une seconde naissance.
Séverine : Tout comme le nouveau-né dans le ventre de sa mère, il accède à une vie plus enrichissante. C'est pareil ici.
Annabelle : Parce que vous trouvez enrichissant de vivre dans ces ruines ?
France : Mais on n'est pas si mal ici : pas d'école, pas de parents pour vous faire la morale et un vaste terrain de jeu. Que demander de mieux ?
Séverine : D'ailleurs, cet hôpital n'est qu'une étape parmi bien d'autres. Nous aurons bien assez le temps de les découvrir avec toute l'éternité devant nous.
Annabelle : Ben vu comme ça, c'est différent.
France : Une vie exaltante t'attend, Annabelle, tu verras. Nous allons maintenant te laisser te reposer.
Séverine : Et si tu as besoin de nous, n'hésite pas à nous appeler. D'aussi loin que nous serons, nous t'entendrons.
Annabelle : D'accord, je n'y manquerai pas. À tout à l'heure, les jumelles.
Les deux jumelles partent sur la pointe des pieds tandis qu'Annabelle se laisse tomber sur son lit sans prendre la peine de dégager les couvertures.
89. La mort existe-t-elle ?

88. Le jeu des devinettes… 13/12/2017

88. Le jeu des devinettes…
Annabelle et les deux jumelles discutent le bout de gras dans une ancienne salle de soin. Ancienne étant d'ailleurs une précision inutile dans ce glauque hôpital où tout semble atteint d'une curieuse maladie dégénérative.
Annabelle : Alors, c'est donc vrai ?
France : Qu'est-ce qui est vrai ?
Séverine : Et qu'est-ce qui n'est pas faux ?
Les deux jumelles éclatent de rire.
Annabelle : Y a-t-il moyen de parler sans que vous ne commenciez à glousser comme deux poules ?
France : Excuse-nous, Annabelle !
Séverine : Pose-nous ta question !
Annabelle : J'ai parlé à Sarah. C'est donc vrai que nous sommes passées de l'autre côté du miroir ?
France : Tu nous verrais inversées si c'était le cas.
Séverine : Ce qui reviendrait au même.
France : Traverser un miroir est quand même dangereux.
Séverine : Tu pourrais gravement te blesser par des éclats de verre.
Annabelle : Mais, sacrebleu, vous ne comprenez donc rien ? C'est du langage poétique. Ça signifie passer de l'autre côté. Mourir quoi !
France : Ne te fâche pas, Annabelle, et pose-toi la question suivante.
Séverine : La mort existe-t-elle ?
Annabelle : Arrêtez avec vos devinettes, c'est agaçant !
France : Mais toi aussi, tu nous poses des devinettes.
Annabelle : Ah oui ! Comme quoi par exemple ?
Séverine : Tu nous demandes si nous sommes passées de l'autre côté du miroir.
Annabelle : Non, ça c'est une question dont je ne connais pas la réponse. Quand on pose une devinette à quelqu'un, c'est qu'on connaît la réponse.
France : Mais tu connais la réponse à cette question puisque tu l'as demandé à Sarah.
Séverine : Tu nous as donc posé une devinette.
Annabelle : Admettons que c'est une devinette. Je voulais juste une confirmation.
France : Confirmation de quoi ?
Annabelle : Si nous étions bien mortes, sacrebleu !
Séverine : Mais la mort existe-t-elle ?
Annabelle : Oh, c'est pas vrai, ça recommence.
France : Qu'est-ce qui recommence ?
Annabelle : Vos inepties, vos petits jeux de gamines qui ne font rire personne.
Séverine : Tu n'es pas très polie, je vois.
France : Nous discutons gentiment avec toi et tu nous insultes.
Annabelle : Moi, je vous ai insultées ?
Séverine : Non contente de crier sur nous, tu nous traites de gamines qui racontent des inepties.
France : Viens, Séverine, laissons-la fulminer en paix, nous reviendrons quand elle sera assagie.
Les deux jumelles quittent prestement la salle de soin en laissant une Annabelle bouillonnante de rage.
88. Le jeu des devinettes…

87. Menace parfumée… 12/12/2017

87. Menace parfumée…
Sarah retrouve les deux jumelles dans la salle de jeux. Les deux petites filles armées de scalpels sont en train d'autopsier un ours en peluche. Le rembourrage sort des entrailles du pauvre teddy et elles ont l'air de s'amuser follement mais plus pour longtemps car Sarah les rappelle à l'ordre.
Sarah : Ça va comme vous voulez ? Il ne faut pas vous aider ?
France : Mais on ne fait rien de mal.
Séverine : On jouait tout simplement.
Sarah : Parce que vous appelez ça jouer que martyriser ce pauvre ours en peluche ?
France : Mais on joue à être médecin légiste.
Séverine : D'ailleurs, l'ours ne peut rien sentir, il n'est même pas vivant.
Sarah : Suffit ! Donnez-moi les scalpels !
Honteuses d'avoir été prises la main dans le sac, les deux petites filles obtempèrent et rendent les scalpels qui disparaissent aussitôt dans la poche de Sarah.
Sarah : Inutile de demander qui a fait les graffitis dans la salle d'opération, ces scalpels vous accusent.
France : De toute façon, cette salle ne sert plus.
Séverine : Et nous n'avions plus de papier pour dessiner.
Sarah : Ce n'est pas une raison pour dessiner sur les murs et pour le papier, vous n'aviez qu'à me le demander. Je vais donc vous punir parce qu'il n'y a que ça que vous comprenez.
France : Mais ils ne sont pourtant pas si moches nos dessins.
Séverine : Je suis sûre que nos fresques auront de la valeur dans quelques années.
Sarah : Assez ! Vous prendrez votre prochain bain mélangé avec du Channel numéro 5.
Les deux jumelles se regardent horrifiées. Se faire parfumer par une fragrance aussi délicate et aussi chère est la plus horrible des punitions mais leur esprit de sacrifice prend bien vite le dessus.
France : C'est moi qui ai dessiné dans la salle d'opération, Séverine n'y est pour rien.
Séverine : Pardon, c'est moi qui ai dessiné. France voulait au contraire m'en dissuader.
France : Mais que racontes-tu ? C'est toi au contraire qui voulais me dissuader de dessiner.
Séverine : Pas du tout ! Tu m'as prévenue et je ne t'ai pas écoutée. Je suis prête à en subir les conséquences.
France : Je ne supporterai pas de te voir macérer dans du parfum.
Séverine : Moi non plus, je ne veux pas que tu subisses cette torture. Alors, je prends cette punition et n'en parlons plus !
France : Alors que tu n'y es pour rien ? Non, c'est moi qui prends tout à ma charge.
Séverine : Pas question ! Je refuse !
Sarah : Assez ! Vous êtes punies toutes les deux ! Et si vous me cassez encore les oreilles, j'y rajoute une bouteille complète de Christian Dior.
Cette menace met instantanément fin à la discussion. Les deux jumelles ont le bec cloué devant tant de cruauté de la part de leur infirmière car qui pourrait survivre au subtil mélange de deux parfums de prix ?
87. Menace parfumée…

86. Des graffitis dans la salle d’opération. 11/12/2017

86. Des graffitis dans la salle d’opération.
Sarah entend un bruit de galopade, cela semble venir d'une salle d'opération désaffectée. Sarah ne veut surtout pas que les enfants y jouent. Il y traîne encore des instruments coupants avec lesquels ils pourraient se blesser. Quand Sarah pénètre à son tour dans la salle d'opération, il n'y a naturellement plus personne mais les murs sont couverts d'affreux graffitis. Sarah serre les poings de rage car elle connaît les coupables, il n'y a que les jumelles pour se livrer à pareilles gamineries.
Sarah : France et Séverine ! Séverine et France ! Vous me donnez beaucoup plus d'ennuis que tous mes patients réunis. Attendez un peu que je vous retrouve et ça va chauffer pour vos oreilles !
Sarah sort de la salle d'opération en claquant violemment la porte derrière elle...
86. Des graffitis dans la salle d’opération.

85. Dialogue de sourds. 10/12/2017

85. Dialogue de sourds.
Nounouche se retourne et aperçoit les deux jumelles mais, contrairement à Annabelle, elle n'est nullement effrayée. Elle va vers les jumelles, sourire aux lèvres.
Nounouche : Bonjour, je suis si contente de voir quelqu'un.
France : Bonjour à toi et sache que le plaisir est partagé.
Séverine : Sois la bienvenue, que pouvons-nous pour ton service ?
Nounouche : Oh, comme vous êtes polies ! Justement, je cherche mon amie Annabelle.
France : Tu connais une Annabelle, Séverine ?
Séverine : Pas que je sache, France.
Nounouche : Voyons, elle a la tête couverte d'un bandage et elle en a aussi sur le corps. Elle ressemble un peu à une momie.
France : Une momie ? Comme c'est curieux !
Séverine : Une momie se serait-elle échappée d'une pyramide ?
Nounouche : Non, ce n'est pas ce que je voulais dire.
France : On dit toujours ce qu'on veut dire.
Séverine : Chaque mot revêt son importance.
Soupçonne-t-elle quelque chose de louche, la voix de Nounouche se fait plus hésitante.
Nounouche : Bon... eh bien... désolée de vous avoir dérangées... je... je vais reprendre mes recherches...
France : Ne pars pas si vite !
Séverine : Nous n'avons pas encore fait connaissance.
Nounouche : Mais mon amie m'attend, je suis venue la rechercher.
France : Elle est venue rechercher son amie, tu entends ça, Séverine ?
Séverine : Hi ! Hi ! Hi ! Comme elle est drôle !
Nounouche : Ça vous fait peut-être rire mais moi pas. Alors, si vous ne pouvez pas m'aider, je repars à sa recherche.
France : Nous allons t'aider à retrouver ton amie. N'est-ce pas, Séverine ?
Séverine : Parfaitement ! Il n'est pas dans nos habitudes de laisser quelqu'un dans le besoin.
Nounouche : À la bonne heure ! Vous devenez raisonnables. Alors, vous l'avez donc vue ?
France : Vue qui ?
Nounouche : Mais Annabelle, saperlipopette !
Les deux jumelles se répandant aussitôt en petits gloussements hystériques.
Nounouche : J'ai dit quelque chose de drôle ?
Séverine : Elle s'appelle Annabelle Saperlipopette ?
France : C'est un bien drôle de patronyme.
Nounouche : Mais non, voyons, c'est juste une expression. Alors, vous avez vu Annabelle ?
Séverine : Je n'ai pas l'honneur de connaître cette personne et toi, France ?
France : En tout cas, je n'ai aucune Annabelle Saperlipopette dans mon carnet d'adresse.
Les deux jumelles sont reparties pour une nouvelle crise d'hilarité, Nounouche perd patience.
Nounouche : Vous êtes vraiment connes ou vous le faites exprès ?
Séverine : Tu n'es pas très polie, dis donc !
France : Un petit cours de savoir-vivre te ferait le plus grand bien.
Mais Nounouche ne les écoute plus, elle tourne les talons et s'éloigne à la recherche de son amie.
85. Dialogue de sourds.

84 Toute l’éternité… 09/12/2017

84 Toute l’éternité…
Et tandis que Nounouche cherche toujours son chemin dans les méandres de cet étrange hôpital, Annabelle revient tout doucement à elle. Un peu hébétée de se retrouver dans sa chambre, elle se tourne vers Sarah qui s'est assise à côté d'elle.
Annabelle : Mais qu'est-ce qui s'est passé ?
Sarah : Ça, ma puce, c'est ce que j'aimerais aussi savoir.
Annabelle : Pourquoi je suis ici ?
Sarah : Une fois de plus, je t'ai trouvée inanimée sur le sol. France ou Séverine était à côté de toi, je n'ai jamais été capable de les reconnaître.
Annabelle : C'était France.
Sarah : Elle t'a encore fait peur ?
Annabelle : Non, pas cette fois.
Sarah : Tu ne dois pas avoir peur de m'en parler, ma puce, je ferai en sorte qu'elles ne viennent plus jamais te tourmenter.
Annabelle : Non, c'est moi qui ai pris peur quand j'ai compris ce que France voulait dire.
Sarah : Et qu'est-ce que France t'a dit ?
Annabelle : Elle m'a dit qu'elle et sa s½ur s'étaient arrêtées à neuf ans. D'abord j'ai pas compris mais elle m'a regardé d'un air entendu. J'ai alors fait le rapprochement avec leur attirance pour la nourriture immonde et la première fois, que je les ai vues, elles me parlaient de l'éternité. Alors, j'ai compris... J'ai compris que...
Mais Annabelle ne peut achever car elle tombe en sanglots, Sarah la prend dans ses bras pour tenter de la réconforter.
Sarah : J'aurais préféré que tu l'apprennes autrement.
Annabelle : Alors, c'est bien vrai ?
Sarah : Le coup, que tu as reçu, était trop violent. Tu as succombé dans l'ambulance qui t'emmenait à l'hôpital.
Annabelle : Cet hôpital-ci ?
Sarah : Non, il ne faut pas d'ambulance pour arriver ici. Il suffit de passer de l'autre côté du miroir.
Annabelle : Mais Nounouche vient régulièrement me voir. Elle est morte aussi alors ?
Sarah : Nounouche venait te voir en rêve mais elle est désormais ici pour de bon. Malheureusement !
Annabelle : Qu'est-ce que tu veux dire ?
Sarah : Elle a voulu te reprendre avec elle, te ramener sur terre, elle n'a pas compris que celui qui franchit cette enceinte n'en ressort jamais.
Annabelle : Je vais bientôt la voir, alors ?
Sarah : Je ne sais pas, ma puce, l'hôpital est si grand et on peut facilement s'y perdre.
Annabelle : Il faut que je parte à sa recherche, j'ai le temps de toute façon, l'éternité.
Sarah : Justement, tu as toute l'éternité et comme tu as reçu un choc, il vaudrait mieux que tu te reposes auparavant. Je vais d'ailleurs te donner un léger sédatif.
Annabelle prend docilement le médicament et ne tarde pas à se rendormir. Rassurée sur sa patiente, Sarah quitte la chambre pour vaquer à sa besogne.
84 Toute l’éternité…

83. Une ancienne salle de cinéma. 08/12/2017

83. Une ancienne salle de cinéma.

Mais où suis-je encore tombée ? Ça ressemble plutôt à un ancien théâtre ou plutôt une ancienne salle de cinéma. Bizarre dans un hôpital. Et qu'est-ce qu'on y jouait comme film ? La revanche des morts-vivants ? À moins que ce soit plutôt : La vie secrète des zombies. Ridicule, je me fais peur pour rien car il n'y a rien qui puisse me faire de mal ici, c'est juste que c'est pas rangé. Et Annabelle qui ne vient toujours pas à ma rencontre. Peut-être qu'elle m'en veut mais je ne comprends pas pourquoi. Je ne peux pourtant pas revenir sans elle. Mais j'entends un bruit de pas, on vient. J'espère bien que c'est quelqu'un qui pourra me renseigner...
83. Une ancienne salle de cinéma.